Histoire

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Dernier jour à Chengdu

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Avec un peu de retard, voici quelques mots de ma dernière journée à Chengdu où j’ai passé les vacances du Nouvel an chinois fin février.

J’avais déjà visité le centre de reproduction des pandas il y a 4 ans donc je n’étais pas très motivé pour y retourner. Je suis donc allé au musée de Jinsha (金沙博物馆 – jīnshābówùguǎn) que l’on m’a recommandé.

Le musée se trouve au milieu d’un parc. Je paye l’entrée 20 yuans. Ici aussi, il y a des lanternes et des décorations un peu partout. Un peu après l’entrée se trouve une scène sur laquelle se succèdent des spectacles plutôt médiocres. Pendant les vacances le parc du musée accueille en effet le Festival du Soleil de Jinsha (成都金沙太阳节 – chéngdū jīnshā tàiyáng jiē).

Festival du soleil - Chengdu

Festival du Soleil de Jinsha

En voyant ça j’ai bien rigolé. Chengdu ne connait qu’en moyenne 25 jours de soleil par an et trouve encore le moyen d’en faire un festival ! Les décorations ne valent pas celles de que l’on peut trouver au temple wǔhóucí, on s’arrêtera tout de même devant cette reproduction en papier des personnages d’Avatar.

Lanterne en forme d'Avatar au Festival du soleil - Chengdu

Lanternes chinoises Avatar style

Pas vraiment emballé ni par les décos ni par le spectacle, je me dirige vers le musée.

Ce que je n’avais pas calculé c’est que les 20 yuans que j’ai payé  à l’entrée c’est le prix du billet pour le Festival du Soleil. L’entrée du musée coûte elle 60 yuans (6€) !

Le musée de Jinsha a été construit sur un terrain destiné à accueillir un grand complexe immobilier. Le projet n’a cependant jamais eu lieu car en 2004 alors que les travaux avaient à peine commencé, les ouvriers sont tombés sur des vestiges datant du Royaume des Shu (221-263). Ce fut une des plus importantes découvertes archéologiques de ces 20 dernières années en Chine.

Le musée est constitué de deux bâtiments. Le premier abrite une partie des fouilles réalisées par les archéologues, on peut y lire des explications sur les objets trouvés et sur les fouilles en elles-même.

Fouilles au musée de Jinsha - Chengdu

Site des fouilles

Dans l’autre bâtiment, bien plus grand que le premier, sont exposées toutes les reliques qui ont été déterrées sur le site. Il y a de très belles pièces dont l’emblème de la ville de Chengdu (image ici) comme cette statue de tigre en pierre.

Statue de tigre au musée de Jinsha - Chengdu

Statue de tigre en pierre

On y trouve également de très beaux objets en jade ou en bronze, mais je préfère cette carapace de tortue gravée qui devaient servir pour des rituels religieux.

Carapace de tortue gravée au musée de Jinsha - Chengdu

Carapace de tortue gravée au musée de Jinsha - Chengdu

Carapace de tortue gravée

Il ne faut pas plus d’une heure ou deux pour faire le tour des différentes salles. C’est juste ce qu’il faut pour apprécier la visite sans se lasser et ça vaut presque les 60 yuans.

A midi, je m’offre mon dernier repas dans la capitale du piment. Je commande un de mes plats préférés, le huíguōròu (回锅肉), littéralement la viande qui retourne à la poêle ou Twice cooked pork en anglais que l’on appelle ainsi car la viande de porc est cuite dans l’eau avant d’être tranchée et sautée. Je ne pouvais pas quitter le Sichuan sans goûter au fameux tofu épicé local (麻婆豆腐 – mápó dòufu).

Hui Guo Rou et Mapou Doufu - Chengdu

Dernier repas à Chengdu

Je ne vous cache pas que je me suis régalé, et pour à peine plus de 30 yuans avec le riz et le thé offerts ! Je n’avais pas vraiment hâte de rentrer à Shanghai et sa cuisine fade et sucrée. Le retour n’a d’ailleurs pas été de tout repos.

Foule - Aéroport de Chengdu

Queue à l’aéroport de Chengdu

Comme vous pouvez le voir, l’aéroport de Chengdu était plein à craquer et j’ai passé les 2 heures de vol à côté d’un couple qui faisait plus de bruit que leur bébé… A l’arrivée à Shanghai il est 23h50. J’attends tranquillement ma valise quand une shanghaienne d’une vingtaine d’année se prenant pour une équilibriste tombe du Caddy sur lequel elle était perchée et atterri sur mes bagages à main. Point d’excuses ni même de sourire gêné, mais une bonne barre de rire avec son petit copain : je suis bien de retour à Shanghai !

– Woods

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Wheat (2009)

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Un peu après sa sortie en 2009, l’affiche de Wheat (麦田 – màitiān) m’avait attiré, autant par ses couleurs que par la présence de Fan Bingbing (Lost in Beijing, Sophie’s Revenge, Call for Love). Je n’ai vu le film que récemment, et voilà ce que j’en pense.

Affiche

Wheat

Synopsis

En 206 avant J.C., la guerre entre le pays des Qin et le pays des Zhao touche à sa fin avec l’écrasante victoire des Qin. Malgré la victoire de leur royaume, Xia (Huang Jue) et Zhe (Du Jia Yi) décident de déserter pour rentrer chez eux à temps pour la moisson. Pendant leur fuite, ils sont repérés par un groupe de soldats Qin et sautent d’une falaise dans la rivière en contrebas. Ils sont réveillés par les femmes du village Zhao de Lu Yi, qui attendent que les hommes du village rentrent de la guerre. Les deux hommes vont alors prétendre être des soldats Zhao pour sauver leur peau.

Creu

L’histoire s’installe assez lentement, les deux hommes fuient leur armée et se cachent dans les champs de blé avant de se faire repérer et atterrir à Lu Yi. S’en suit une scène un peu trop longue à mon goût où les deux hommes, ivres, racontent leur mensonge à la femme du chef du village (Fan Bingbing). On retrouvera d’ailleurs plusieurs scènes d’ivresse, assez mal jouées ou mal écrites.

Les deux hommes sont donc bloqués dans ce petit village et au final, il ne se passe rien du tout ! Il y a certes quelques beaux tableaux mais ça s’arrête là. Il n’y a pas d’action, pas de dialogue intéressant, pas d’intrigue. Peu après l’arrivée des deux déserteurs, il y a une attaque de bandits venus s’approprier le village par la force, mais cette scène ne dure pas plus de 5 minutes. Vous l’aurez compris, la sauce ne prend pas.

Si vous avez vu et aimé ce film, j’aimerais comprendre pourquoi ! Je vous laisse avec la bande annonce.

– Woods

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Prisoner of the State – Zhao Ziyang

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Prisoner of the State, c’est le journal secret tenu par Zhao Ziyang (赵紫阳), Premier Ministre chinois de 1980 à 1987 et Secrétaire Général du Parti communiste de 1987 à 1989.

En 1989, il s’oppose à l’usage de la force contre les étudiants qui occupent la place Tian An Men. Il est ensuite révoqué de ses fonctions et assigné à résidence surveillée jusqu’à la fin de sa vie en 2005. C’est pendant ces années qu’il enregistre ses mémoires sur cassettes audio. Le livre, traduit et édité par Bao Pu, Renee Chiang et Adi Ignatius, est parru en mai 2009. Il est bien entendu interdit en Chine.

Journal secret ?

L’histoire de ce journal est elle aussi intéressante. A la mort de Zhao Ziyang, ses proches ont retrouvé les cassettes audio cachée parmi les affaires de son petit fils. Ils ont réussi à les récupérer et à les faire sortir du pays malgré la surveillance étroite de leur famille.

Prisoner of the State

Prisoner of the State

Eviter le massacre

La première partie du livre raconte comment Zhao Ziyang essaye coûte que coûte d’éviter l’usage de la force contre les étudiants. Il propose à de nombreuses reprises aux autres dirigeants, et notamment à Deng Xiaoping, de communiquer avec les manifestants et d’entendre leurs requêtes dans le but de calmer le mouvement et de trouver une issue. Mais il ne convainc pas. Deng Xiaoping, qui avait décrit le mouvement de façon très dure dans la presse, refuse de revoir son jugement pour apaiser les étudiants. Pour Zhao Ziyang, c’est Deng Xiaoping le responsable.

Zhao et les réformes

La plus grande partie du livre met l’accent sur la période 80-87 où Zhao est chargé de mettre en place les réformes économiques qui sortiront la Chine de la crise où elle se trouve quelques années à peine après la fin de la Révolution Culturelle. L’application des réformes économiques est une lutte infernale contre les conservateurs qui tentent de s’y opposer, les Anciens du Parti qui sont très influents et les cadres locaux qui veulent garder leur pouvoir.

Zhao raconte comment sa mentalité évolue à mesure qu’il se bat pour réformer. Il finit par comprendre que les réformes économiques doivent être accompagnées de réformes politiques.

Le Parti vu de l’intérieur

A mon avis, cette vision de l’intérieur du pouvoir chinois est presque plus intéressante que l’analyse des événements de Tian An Men. On en apprend beaucoup sur le fonctionnement du Parti communiste et l’organisation de la communication entre les principaux dirigeants.

Même si la hiérarchie est définie de façon claire, l’influence des Anciens est telle qu’aller contre leur volonté est synonyme de suicide; coups bas, clans et attaques personnelles sont nombreux.

Une autre chose qui m’a particulièrement intéressé c’est l’importance portée à l’idéologie et aux concepts au sein du Parti. Par exemple, Zhao explique que pour faire passer les réformes il décrit la Chine comme « dans une phase initiale du communisme », sous-entendant que le modèle communiste pouvait être assoupli pour répondre aux besoins du pays. En occident, on ne serait pas passé par quatre chemins.

Petits moins

Le livre est tout à fait passionnant, cependant j’aurais aimé y voir 2 petites choses en plus.

D’abord, Zhao donne son avis sur le chemin que devrait suivre la Chine à l’avenir mais il ne donne pas son avis sur l’évolution du pays après 1992, ça aurait pu être intéressant.

Et enfin, je trouve que la préface et l’épilogue ne sont pas très élaborés. J’aurais aimé lire une analyse de l’après 89 ou une étude de l’impact de ce qu’a fait Zhao Ziyang à la tête de la Chine sur sa situation actuelle.

– Woods

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Cui Jian est dans la place

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Si je vous ai présenté Cui Jian ici, c’est parce que je suis tombé (depuis Danwei) il y a quelques jours sur un bootleg d’un concert qu’il a donné sur la place Tian An Men en 1989 pour soutenir les étudiants faisant la grève de la faim.

La performance n’est pas très longue, une vingtaine de minutes et 4 chansons, mais on ressent très bien l’ambiance qui devait reigner sur la place.

En tout ça tombe à pic car je suis en train de lire Prisoner of the State de Zhao Ziyang qui parle justement de ces événements et de la façon dont le gouvernement chinois de l’époque y a fait face.

Je vous renvois d’ailleurs à ce superbe reportage Flash publié par Le Monde début juin dernier.

– Woods

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The Girl in the Picture – Denise Chong

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J’ai une paire de livres que j’ai récupéré à droite à gauche et je choisis un peu au hasard lequel je vais lire. C’est comme ça que j’ai commencé à lire The Girl in the Picture de Denise Chong, ou tout du moins une copie mal imprimée et aux pages mal coupées.

L’histoire

The Girl in the Picture raconte, comme son nom le laisse entendre, l’histoire de la fille sur la photo. Cette photo (voir la couverture du livre), même si vous ne l’avez jamais vraiment vu vous rappelle quelque chose. C’est surement un des plus célèbre cliché de guerre, il a marqué l’histoire.

Le 8 juin 1972, le village de Trang Bang au sud du Vietnam est touché par attaque au Napalm. Avec toute sa famille, Kim Phuc court pour fuir le danger. Pendant la fuite, elle est touchée par la substance incendiaire. C’est à ce moment qu’un photographe immortalise la scène, qui fera quelques jours plus tard le tour du monde.

Malgré elle, la petite Kim Phuc va devenir célèbre. Ce livre raconte son histoire, l’histoire de sa photo et de la guerre du Vietnam.

Couverture

The Girl in the Picture

Une photo qui a fait l’histoire

La chose qui m’a le plus marqué dans ce livre, ce n’est pas l’histoire incroyable de cette vietnamienne, mais l’histoire cette photo qui a marqué l’histoire. Elle symbolise l’horreur de la guerre. A sa publication dans les journaux du monde entier, elle a choqué, à tel point qu’elle a influencé les décisions des Etats-Unis par rapport à la Guerre du Vietnam.

Le reste du livre est tout aussi passionant. Je dois dire que je ne connaissais pas grand chose de la Guerre du Vietnam avant de lire ce livre et j’ai appris beaucoup de choses. La première partie du livre est un savant mélange d’histoire et de biographie. La guerre vue par la population locale parait encore plus terrible.

La seconde moitié raconte la célébrité d’une jeune fille marquée par la guerre aussi bien physiquement que mentallement. Elle aimerait pouvoir vivre normalement mais elle sait qu’elle doit y renoncer à cause de ces deux événements qui ont changé sa vie : l’attaque au Napalm et cette fameuse photo. Elle est prisonnière de cette célébrité, mais c’est également cette dernière qui va la sauver. Cela donne un drôle de sentiment au lecteur (à moi en tout cas), et je me demande comment j’aurais réagi à sa place, être à la fois une victime et une star.

Je finirai par une phrase qui m’a tout particulièrement plu dans ce bouquin : « If you kneel down, life is a mountain; if you stand up, life is at your feet. » (Si vous vous agenouillez, le monde est une montagne; si vous vous levez, le monde est à vos pied).

– Woods

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A voir absolument !!!

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Si vous ne deviez voir qu’une seule chose en cet anniversaire des 20 ans des événements de la place Tian An Men c’est certainement ce magnifique documentaire que publie Le Monde sur son site Internet : Génération Tian An Men – Avoir 20 ans en Chine. Le documentaire est découpé en 3 reportages qui vallent vraiment le coup d’être vus.

Dîtes-moi ce que vous en pensé.

Encore merci à Benoit de m’avoir envoyer le lien.

– Woods