
Je ne voulais pas vraiment reparler de cette histoire, mais j’ai lu des conneries en français comme en anglais sur des sites ou des blogs que je ne citerai pas. Je ne vais pas m’étaler non plus, et pour ceux qui veulent plus de détails, lisez cet article sur China/Divide.
Toute entreprise possédant un site Internet basé en Chine doit disposer d’une licence ICP. Cette licence n’est pas éternelle et doit être renouvelée.
Comme toutes les entreprises présentes en Chine, Google a du renouvelé sa licence afin de continuer à opérer en Chine. Et contrairement à ce qui peut se dire ailleurs sur le net, cela ne veut en aucun cas dire que Google réouvre son moteur de recherche en Chine continentale !!! En renouvelant cette licence, Google ne revient pas en Chine la queue entre les jambes et Google ne cède pas devant le gouvernement chinois.
1. Google a fermé son moteur de recherche en Chine
Depuis plusieurs mois maintenant Google a fermé son moteur de recherche sur le continent et a commencé à rediriger les internautes vers la version hongkongaise du moteur. Depuis lors, Google ne possède plus de moteur de recherche en Chine continentale et n’a donc plus à censurer les résultats des recherches. La redirection automatique aura été bien vue, Google n’a pas arrêté de censurer le contenu mais a tout simplement stopper le moteur, restant ainsi dans la légalité.
2. Google n’est pas qu’un moteur de recherche
Il est important de comprendre que Google propose d’autres services : publicité, musique, maps, système d’exploitation mobile, etc. La licence du site Google.cn est donc très importante même si Google ne propose plus d’outil de recherche.
3. La licence et la redirection
La redirection vers Hong Kong a marché dans le sens où le gouvernement chinois n’a pas bronché. Par contre, il était clair qu’au moment du renouvèlement de la licence, Google ne s’en tirerait pas comme ça.
Afin d’éviter les problèmes, Google a donc cessé la redirection. A la place, la partie centrale de la page web est maintenant une image qui renvoie vers Google HK quand on y clique. La différence ? D’un point de vue utilisateur, elle est maigre ! En voulant placer votre curseur dans le champs de texte vous cliquez sur l’image et vous retrouvez sur Google HK presque comme si de rien était. Par contre, techniquement, Google ne redirige plus les utilisateurs de Google.cn vers la version hongkongaise du site, ce qui pouvait être vu comme une provocation envers le gouvernement.
4. Google ne revient pas, il reste en Chine
Ceux qui pensent que l’entreprise revient n’ont semble-t-il pas tout saisi… Répétons donc encore une fois. Google n’est jamais parti de Chine, l’entreprise a juste arrêté son moteur de recherche sur le continent et renvoyé les utilisateurs vers Hong Kong. Si Google n’est pas parti, pourquoi dit-on qu’elle revient ?
En renouvelant sa licence, Google a assuré le maintien de ses activités web en Chine (encore : pas la recherche qui n’est plus !). La seule chose qui a été cédé dans l’histoire c’est la redirection automatique qui n’aurait de toute façon pas tenu bien longtemps. Mais nous l’avons vu, le lien vers Google HK se fait quand même de façon quasi automatique, il faut juste un clic de plus…
Il n’est en aucun question d’une réouverture du moteur de recherche en version chinoise. Google, grâce au renouvèlement, s’est vu confirmé qu’elle respectait bien la loi chinoise et qu’elle pouvait continuer ses activités en Chine. Et c’est cela qu’il faut bien comprendre ! Après l’arrêt du moteur de recherche chinois, les utilisateurs sont toujours plus ou moins automatiquement renvoyés vers Google Hong Kong, et par le renouvèlement de la licence de Google, le gouvernement approuve cette pratique ! C’est donc bien une victoire pour l’entreprise américaine et non pas une défaite ou un retour la queue entre les jambes…
Note : Je tiens à m’excuser pour les innombrables répétitions mais c’était nécessaire.
Je vous invite à partager votre point de vue dans les commentaires, surtout si vous n’êtes pas d’accord, car j’aimerais bien avoir d’autres avis sur cette affaires.
– Woods