Censure

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Lenteurs de GMail en Chine

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Utilisateurs de GMail en Chine, vous avez du vous en rendre compte. La messagerie de Google, ainsi que d’autres services de la firme de Mountain View tournent au ralenti ces deux dernières semaines.

Ce sont les accès sécurisés (en « https:// ») qui semblent inaccessibles à intervalles plus ou moins réguliers et pendant quelques minutes. Cela veut dire que la connexion au service peut échouer, ainsi que certaines opérations tournant en arrière plan quand vous restez connectés. Cela ressemble aux périodes d’inaccessibilité qui arrivent après avoir cliqué sur un lien bloqué dans Google Reader ou fait une recherche sur un mot bloqué dans Google Search, le service devenant alors injoignable pendant quelques minutes.

Au final, GMail n’est pas bloqué mais devient frustrant à utiliser. Et j’imagine que c’est tout à fait l’effet souhaité, histoire de décourager les utilisateurs chinois sans toute fois s’attirer les foudres de la communauté internationale.

GMail est une des meilleures messageries en ligne et voir les internautes chinois se l’approprier pose 2 problèmes principaux :

  1. C’est une perte de marché pour les entreprises chinoises.
  2. Difficile de contrôler les informations stockées par des services non chinois.

Il est évident que le gouvernement peut avoir accès à n’importe quel compte mail hébergé par un service chinois tel que QQ, Sina, etc et il est dans son intérêt d’avoir le maximum de comptes chinois sur ces plateformes, pour pouvoir lire et supprimer les courriels comme bon lui semble. C’est le cas pour les blogs, les forums et maintenant les micro-blogs devenus extrêmement populaires qui se font régulièrement « harmonisés ».

Je vous entends déjà dire « Pourquoi tu n’utilises pas un VPN comme tout le monde ? ». J’utilise toujours ce bon vieux VPN chinois et que ce soit celui-là ou tout autre VPN payant, je ne me loguerais pas sur GMail car on ne sait pas par où passent les données et qui peut alors y avoir accès.

– Woods

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Google renouvelle son ICP, ça veut dire quoi ?

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Je ne voulais pas vraiment reparler de cette histoire, mais j’ai lu des conneries en français comme en anglais sur des sites ou des blogs que je ne citerai pas. Je ne vais pas m’étaler non plus, et pour ceux qui veulent plus de détails, lisez cet article sur China/Divide.

Toute entreprise possédant un site Internet basé en Chine doit disposer d’une licence ICP. Cette licence n’est pas éternelle et doit être renouvelée.

Comme toutes les entreprises présentes en Chine, Google a du renouvelé sa licence afin de continuer à opérer en Chine. Et contrairement à ce qui peut se dire ailleurs sur le net, cela ne veut en aucun cas dire que Google réouvre son moteur de recherche en Chine continentale !!! En renouvelant cette licence, Google ne revient pas en Chine la queue entre les jambes et Google ne cède pas devant le gouvernement chinois.

1. Google a fermé son moteur de recherche en Chine

Depuis plusieurs mois maintenant Google a fermé son moteur de recherche sur le continent et a commencé à rediriger les internautes vers la version hongkongaise du moteur. Depuis lors, Google ne possède plus de moteur de recherche en Chine continentale et n’a donc plus à censurer les résultats des recherches. La redirection automatique aura été bien vue, Google n’a pas arrêté de censurer le contenu mais a tout simplement stopper le moteur, restant ainsi dans la légalité.

2. Google n’est pas qu’un moteur de recherche

Il est important de comprendre que Google propose d’autres services : publicité, musique, maps, système d’exploitation mobile, etc. La licence du site Google.cn est donc très importante même si Google ne propose plus d’outil de recherche.

3. La licence et la redirection

La redirection vers Hong Kong a marché dans le sens où le gouvernement chinois n’a pas bronché. Par contre, il était clair qu’au moment du renouvèlement de la licence, Google ne s’en tirerait pas comme ça.

Afin d’éviter les problèmes, Google a donc cessé la redirection. A la place, la partie centrale de la page web est maintenant une image qui renvoie vers Google HK quand on y clique. La différence ? D’un point de vue utilisateur, elle est maigre ! En voulant placer votre curseur dans le champs de texte vous cliquez sur l’image et vous retrouvez sur Google HK presque comme si de rien était. Par contre, techniquement, Google ne redirige plus les utilisateurs de Google.cn vers la version hongkongaise du site, ce qui pouvait être vu comme une provocation envers le gouvernement.

4. Google ne revient pas, il reste en Chine

Ceux qui pensent que l’entreprise revient n’ont semble-t-il pas tout saisi… Répétons donc encore une fois. Google n’est jamais parti de Chine, l’entreprise a juste arrêté son moteur de recherche sur le continent et renvoyé les utilisateurs vers Hong Kong. Si Google n’est pas parti, pourquoi dit-on qu’elle revient ?

En renouvelant sa licence, Google a assuré le maintien de ses activités web en Chine (encore : pas la recherche qui n’est plus !). La seule chose qui a été cédé dans l’histoire c’est la redirection automatique qui n’aurait de toute façon pas tenu bien longtemps. Mais nous l’avons vu, le lien vers Google HK se fait quand même de façon quasi automatique, il faut juste un clic de plus…

Il n’est en aucun question d’une réouverture du moteur de recherche en version chinoise. Google, grâce au renouvèlement, s’est vu confirmé qu’elle respectait bien la loi chinoise et qu’elle pouvait continuer ses activités en Chine. Et c’est cela qu’il faut bien comprendre ! Après l’arrêt du moteur de recherche chinois, les utilisateurs sont toujours plus ou moins automatiquement renvoyés vers Google Hong Kong, et par le renouvèlement de la licence de Google, le gouvernement approuve cette pratique ! C’est donc bien une victoire pour l’entreprise américaine et non pas une défaite ou un retour la queue entre les jambes…

Note : Je tiens à m’excuser pour les innombrables répétitions mais c’était nécessaire.

Je vous invite à partager votre point de vue dans les commentaires, surtout si vous n’êtes pas d’accord, car j’aimerais bien avoir d’autres avis sur cette affaires.

– Woods

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Parce qu’on est le 4 juin

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Et pour qu’on oublie pas ce qui s’est passé il y a 21 ans sur la place Tian An Men, je vous propose de voir ou revoir « Génération Tian An Men : Avoir 20 ans en Chine », superbe reportage réalisé par Le Monde dont j’avais parlé l’an dernier et qui est toujours en ligne.

Et pour vraiment comprendre comment cela s’est passé, je vous conseille fortement de lire Prisoner of the State, le journal de Zhao Ziyang (赵紫阳), qui était Secrétaire du Parti à cette période et qui fut par la suite démis de ses fonctions pour s’être opposé à la répression du mouvement étudiant.

Tout ça en écoutant le bootleg du concert de Cui Jian (崔健) donné à Tian An Men pendant l’occupation de la place par les étudiants.

Bon weekend.

– Woods

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Il n’y a pas que Google qui se replie à Hong Kong

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Beaucoup plus anecdotique que la redirection du site Google.cn vers Google.com.hk, c’est aujourd’hui au tour d’IsoHunt, site de recherche de fichiers torrent, de rediriger ses utilisateurs vers une version du site hébergée à Hong Kong.

Bien entendu, la raison est complètement différente. IsoHunt ne quitte pas la Chine mais les Etats-Unis où le site a été condamné à filtrer ses recherches pour ne plus proposer des liens vers du contenu illégal.

Cela dit, les responsables du site web n’ont pas déménagé leur site à Hong Kong pour rien, ils entendent ainsi montrer qu’aux Etats-Unis aussi on force certains moteurs de recherche à censurer les résultats des recherches.

[...]

To protest the possibility we may be required by US law in upcoming injunction to keyword filter for US users, we have redirected isohunt.com to isohunt.hk to demonstrate the similarity to certain other popular search engine also required to censor in China. Requiring any internet search engine to filter broad keyword searches is absurd.

[...]

Le reste de la news est disponible ici. C’est un beau clin d’oeil non ? ;)

– Woods

PS : Et puisqu’on est sur Google, je vous invite à écouter ce podcast très intéressant où Kaiser Kuo interviewe Jeremy Goldkorn de Danwei.org et Bill Bishop de DigiCha.com à propos de la fermeture de Google.cn et possibles suites à cette affaire.

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Le retour de flamme pour Google ?

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Ce soir vers 19 heures (Heure de Chine), les recherches depuis Google.com ou Google.com.hk (Version hongkongaise du moteur de recherche vers lequel les internautes chinois sont désormais redirigés) semblaient ne plus aboutir. A 21 heures, j’arrive à passer quelques recherches, mais la majorité aboutissent à une page blanche et le moteur de recherche devient injoignable pendant 1 ou 2 minutes.

Sur Google.com les recherches semblent passer la plupart du temps, mais c’est surtout sur Google.com.hk que le problème survient. Par exemple, j’ai pu chercher tiananmen mais un peu après impossible de chercher taobao (la version chinoise d’Ebay)…

Google subirait-il le retour de flamme du gouvernement chinois ?

En redirigeant tous les internautes chinois vers Google Hong Kong, version en chinois et non censurée du moteur, l’entreprise de Mountain View avait fait un beau pied de nez au gouvernement chinois. La seule mesure que ce dernier a entreprit jusqu’à présent aura été de renforcer le contrôle de l’information en faisant effacer tous les articles, discussions ou commentaires pro-Google du net chinois.

Il fallait donc s’attendre à une réaction de plus grande ampleur.

Même si un blocage total des recherches ou des services Google semble peu réaliste, rien n’est impossible. Rappelez-vous qu’à la suite des heurts survenus au Xinjiang en juillet 2009, toutes les communications vers l’extérieur avaient été coupées. Pour vous donner une idée, je vous invite à lire cet article (bloqué en Chine) de Farwest China où Josh raconte une conversation avec sa banque aux Etats-Unis dans laquelle il essaye d’expliquer qu’il n’a pas pu régler sa situation à temps car il n’a pas eu accès ni au net, ni au téléphone vers l’étranger pendant 6 mois.

On ne peut donc pas écarter un blocage complet mais à mon avis, perturber les connexions vers Google et ses services est la meilleure solution pour le gouvernement chinois :

  1. Cela évite de s’attirer les critiques de l’étranger car de l’extérieur tout semble normal.
  2. Les utilisateurs las de subir des ralentissements réguliers se tourneront vers d’autres moteurs de recherche.

Dans tous les cas, il existe des outils gratuits pour contourner simplement la censure (Lire cet article où j’explique comment utiliser l’un d’entre eux).

Je profite de cet article pour vous faire découvrir (ou redécouvrir) BaiGoogleDu qui permet de lancer votre recherche dans Google et Baidu en simultané et d’afficher les résultats dans une page scindée en deux. Vous remarquerez qu’en cherchant tiananmen (pas en chinois) le second résultat est un article du Huffington Post qui parle bien des événements de juin 89 et n’est pas censuré. Comme quoi…

– Woods

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Google ferme Google.cn (vraiment !)

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Ce matin, Google a fermé Google.cn, comme cela avait été annoncé un peu partout depuis quelques semaines. Désormais, toutes les recherches sur Google.cn sont redirigées vers Google.com.hk, la version hong-kongaise de Google qui est non censurée. Google a publié une annonce expliquant que la décision de fermer Google.cn était liée aux attaques informatiques dont on avait eu connaissance en janvier.

A vrai dire, je ne m’attendais déjà pas à trop à une fermeture le 10 avril et je ne sais même pas d’où sortait cette date. Je m’attendais plutôt à un autre rebondissement…

Bref, en allant voir sur Google.cn on est bien redirigé vers Google.com.hk. Une petite recherche sur Tiananmen…

Le premier résultat en dessous de la carte parle bien des événements de 89. Quant aux images, la censure semble toujours là…

C’est peut-être du à la langue de recherche car si on cherche en anglais, on tombe bien sur le contenu sensible:

On verra sûrement d’autres petits tests du genre fleurir aujourd’hui, j’attends donc d’en voir un peu plus.

Maintenant la question est de savoir combien de temps encore les services Google resteront accessibles. Le gouvernement chinois ne se laissera probablement pas faire ! On attend donc la réponse en croisant les doigts…

Google a profité de cette annonce pour mettre en place Google PRC, une page web qui récapitule la disponibilité de ses services en Chine continentale.

Comment voyez-vous la réponse des autorités chinoises ? Même si Google choisit de ne pas respecter les lois chinoises, est-ce que le gouvernement peut bloquer tous ces services ?

– Woods

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Chine : Une année du tigre excitante !

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Aujourd’hui c’est le premier jour de la nouvelle année chinoise placée sous le signe du tigre. Je ne vais pas vraiment vous parler du Nouvel An chinois, car il faut l’avouer, Wikipedia maitrise le sujet bien mieux que moi… Par contre, j’aimerais partager avec vous quelques articles intéressants que l’on peut lire aujourd’hui sur le site Internet du Guardian.

Tout d’abord, cet article définit les 6 principaux sujets de tension entre la Chine et l’Occident, les points de vue des deux camps et les possibles conséquences :

  1. Le Tibet : Les Etats-Unis attendent la visite dans quelques jours du Dalaï Lama. Bien entendu, Pékin désapprouve.
  2. L’Iran : La communauté internationale aimerait voter des sanctions mais la position de la Chine est hésitante car Téhéran est un de ses plus importants fournisseurs d’énergie.
  3. Taiwan : Les Etats-Unis doivent fournir de l’armement à la province rebelle, ce qui ne peut améliorer les tensions déjà existante avec la Chine
  4. Le cours du yuan : Les spécialistes ont calculé que le yuan était 40% en dessous de sa valeur réelle, facilitant les exportations chinoises tout en créant une barrière pour les importations.
  5. Les droits de l’Homme :  L’occident craint que la situation se dégrade encore un peu comme le laisse supposer les dernières affaires avec la condamnation de Liu Xiaobo à 11 ans de prison ou bien la disparition de l’avocat Gao Zhisheng après son arrestation il y a un an.
  6. La censure sur Internet : L’affaire Google a remis le problème de la censure de l’Internet sur le devant de la scène.

Un second article explique que la Chine est de plus en plus présente sur la scène internationale, toute en étant de plus en plus forte. Elle ne se laisse plus impressionner par les puissances occidentales. Cet article est à mettre en relation avec le précédent car on se rend compte que tous les sujets exposés risquent d’être délicats à résoudre étant donné  la place importante qu’a prise la Chine d’un point de vue économique ou politique (à cause de son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU).

Et comme on dit jamais deux sans trois, un troisième article pose la question des droits de l’homme par rapport au développement économique. Est-ce que la Chine peut continuer à se développer avec aussi peu de transparence dans ses affaires politiques ou son économie ?

En lisant ces trois articles ce matin, je me suis dit que cette nouvelle année lunaire risque donc d’être passionnante d’un point de vue politique.

– Woods

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Google Buzz, le début de la fin de Google en Chine ?

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On a parlé pendant plusieurs semaines du possible départ de Google du marché chinois. Cela a fait énormément de bruit autant sur le net que dans les journaux, notamment aux Etats-Unis. Nous attendons maintenant d’en savoir plus sur ce qui va se passer entre Google et la Chine, mais la sortie de Google Buzz, le nouveau joujou de la firme de Mountain View ne va pas forcément améliorer les choses…

Google Buzz kesako ?

Google vient de lancer un nouveau service de social networking au sein de GMail: Google Buzz.

Google buzz

Google Buzz dans GMail

En plus des mails et du chat, vous pouvez maintenant partager vos pensées, liens et autres conneries dans Google Buzz à l’intention de vos contacts Google. De la même façon que dans Twitter et Facebook vous pouvez également suivre un certain nombre de contacts. La petite différence c’est que vous pouvez directement y envoyer des flux RSS donc c’est intéressant pour les blogs je pense.

Quel rapport avec la Chine ?

Vous savez surement que Facebook et Twitter sont bloqués en Chine, même s’il existe des moyens de contournement. Le gouvernement chinois n’apprécie guère le social networking, vecteur de tendances, d’information et surtout d’opinion. Et puisque Google Buzz propose le même genre de service que ceux déjà bloqués, il court le risque de se voir à son tour arrêté à la frontière.

Le plus gênant reste le fait que ce service soit intégré à GMail, ce qui veut dire que si Google Buzz est bloqué, GMail le sera aussi. Et puis, l’Iran vient de le faire, pourquoi pas la Chine ?

Qu’est ce que vous en pensez ?

– Woods

Note : la bonne nouvelle de ces derniers jours c’est que Dailymotion est de nouveau accessible, comme quoi « ça s’en va et ça revient » .

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En bref : la une de paperblog

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Mon dernier article « Google va-t-il quitter la Chine à cause de la censure ? » faisant l’analyse de l’annonce faite par Google de son possible retrait de Chine a fait la une de paperblog.fr, un site qui référence les blogs et propose une sélection des meilleurs articles du moment.

J’espère que ça signifie que l’article était de bonne qualité.

Merci Olivier j’aurais jamais vu ça moi-même.

– Woods

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Google va-t-il quitter la Chine à cause de la censure ?

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Aujourd’hui, Google a publié une annonce historique sur son blog. Je vous conseille de lire l’article A new approach to China car on risque d’en parler pendant longtemps. J’aimerais revenir sur cette annonce et essayer de comprendre les causes et les conséquences.

Décortiquons l’annonce

Dans cet article, David Drummond explique que Google a été la cible de nombreuses attaques très évoluées venant de la Chine. Après analyses, elles avaient toutes pour objectif de récupérer des données personnelles (principalement des comptes GMail) d’activistes chinois connus pour oeuvrer en faveur des [texte encodé - javascript doit être activé]. Selon l’article, les attaques auraient échouées et Google a depuis améliorer la sécurité de ses services. Google a également découvert que de nombreuses attaques similaires ont été lancées contre des comptes d’utilisateurs européens et américains eux aussi appelant au respect des [texte encodé - javascript doit être activé].

Selon David Drummond, il ne s’agit pas seulement d’une question de sécurité. Il affirme que cette information s’inscrit au coeur du débat sur la [texte encodé - javascript doit être activé]. C’est une des raisons pour laquelles des détails très précis sont révélés dans cette annonce.

L’article insiste ensuite sur le fait que Google a bataillé pour mettre en place son portail Google.cn en Chine en 2006, négociant avec le gouvernement chinois les termes de leur implantation sur le marché chinois. Avec ses attaques et les limitations imposées par la Chine, il devient très difficile pour Google de fournir un service de qualité correspondant aux engagement que l’entreprise s’était fixée en 2006.

Les dirigeants de Google ont donc pris la décision de cesser tout filtrage du contenu sur leur portail chinois (la Chine avait imposé à Google de retirer certains résultats sensibles lors des recherches) et de revoir leur politique d’implantation en Chine, même si cela signifie un bloquage par le Firewall chinois ou pire de devoir fermer ses bureaux dans l’Empire du milieu.

Ce que cela signifie

Cette annonce est extrêmement surprenante. Tout le monde sait que la Chine est un des plus gros marché du monde. Pour une grande entreprise ne pas être en Chine, quelque soit le domaine d’activité, c’est une grave erreur ! Mais est-ce que vous vous souvenez que Yahoo avait donner des informations sur des dissidents à la Chine ? Si la Chine lance des attaques sur Internet, j’imagine qu’elle exerce également une énorme pression sur les employés de Google en Chine pour récupérer des données confidentielles. Il y a certainement des choses que nous ne savons pas. Rappelez-vous aussi que le patron de Google Chine Kai-Fu Lee a démissionné en septembre 2009, car il ne supportait plus la pression.

Il est totalement illusoire de voir les dirigeants chinois plier devant Google. Si les filtres sur les recherches sensibles sont enlevés, le moteur de recherche sera bloqué. Il est alors probable que les autres services soient eux aussi touchés, de même que Google.com. Du point de vue des dirigeants chinois, je ne pense pas que ce soit une décision difficile à prendre, la décision contraire (laisser Google enlever ses filtres) remettrait en cause toute la politique de contrôle de l’Internet en Chine.

Bien sûr, un blocage de Google aurait d’importantes conséquences pour les entreprises qu’elles soient chinoises ou étrangères. De plus, beaucoup d’internautes chinois risquent alors de demander des explications. Car si certains d’entre eux ont connaissance de la censure, une majorité des 300 millions d’internautes chinois ne se posent pas la question.

La question intéressante que l’on peut se poser, c’est qui va se lever pour soutenir Google ? L’administration américaine a annoncé, par l’intermédiaire d’Hillary Clinton qu’elle approuvait la démarche et une réunion a eu lieu avec Google, Microsoft et Cisco pour discuter du problème. Mais là où Barrack Obama a échoué et Sarkozy s’est fait rappeler à l’ordre, quel gouvernement ou quelle autre entreprise prendra le risque de suivre Google ? A une époque où il est impensable de passer à côté de la Chine, je suis impatient de connaître la réponse à cette question…

Qu’en pensez-vous ?

– Woods

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