
Ce dimanche, je rentre chez moi vers 23 heures après un repas entre amis. En sortant du bus, qui s’arrête à quelques centaines de mètres de chez moi, il y a un groupe d’une vingtaine de personnes qui s’amasse.
Des gens se regroupent et commencent à faire la queue devant une grille métallique : la devanture de l’agence qui vend des billets de trains…
Le 24 janvier commencent les vacances du Nouvel An chinois. C’est la période de l’année où les gens ont le plus de vacances et rentrent dans leur ville ou village d’origine pour célébrer et revoir leur famille.
Imaginez 1 000 000 000 de personnes se déplaçant sur de longues distances, à une semaine d’intervalle ! A côté, le chassé-croisé de juillet-août au moment des vacances d’été en France c’est de la rigolade. Les infrastructures ne sont pas faites pour accueillir autant de voyageurs, comme le décrit cet article de Bruno Birolli. La Chine préfère investir dans ce qui tape à l’oeil : le Maglev (train à sustention qui relie l’aéroport de Shanghai Pudong au centre ville (et encore pas tout à fait le centre)), la ligne reliant le Tibet, le train à grande vitesse entre Beijing et Tianjin et puis bientôt Beijing et Shanghai…
Depuis mon premier voyage en Chine il y a 3 ans, je me suis toujours demandé pourquoi il était impossible d’acheter un billet de train autrement qu’en se rendant à un guichet mois d’une semaine avant le départ (10 jours en période de vacances). Et le pire c’est qu’il n’existe pas de billet de train aller-retour ! On ne peut acheter un billet que dans la ville d’où part le train. Cela rend l’organisation d’un voyage vraiment compliquée si vous voulez éviter le train. Dans le cas du Nouvel An chinois, sur les 5 jours de vacances, un Chinois devra réserver au moins une journée pour faire la queue et acheter un billet de retour.
Revenons à nos Chinois qui attendent devant la grille… Il fait -5°C dehors, il y a beaucoup de vent mais heureusement il ne pleut pas. Ils sont partis pour plus de 8 heures d’attente, sans être sûr de trouver une place assise le lendemain, au mieux une place debout. Le lundi matin juste avant 8 heures, ils sont toujours au même endroit, encore plus nombreux.
– Woods